Bulletin Solidaires Ain N° 17

Décembre 2016
vendredi 9 décembre 2016

L’année qui s’achève a été marquée par un déchaînement de la violence étatique. Le gouvernement, main dans la main avec le patronat, a réussi à imposer de force la loi travail qui met à bas des décennies de conquêtes sociales. Parallèlement, les ignobles attentats survenus ces derniers mois ont servi de prétexte à la mise en œuvre de mesures liberticides : état d’urgence, interdiction de manifester, fichage généralisé. Les manifestations qui ont émaillé le printemps 2016 ont donné lieu à une répression policière débridée. Dans ce domaine, le credo du gouvernement a été clair : impunité pour les flics, sanctions pour les militantEs du mouvement social. Les salariés de Goodyear, condamnés à deux ans de prison en sont un exemple.

Face à cela, nous devons bien reconnaître que nous avons été incapables de construire le rapport de forces qui aurait permis de préserver nos acquis sociaux. Il y a bien eu des grèves reconductibles (dans le rail, par exemple) et les nombreuses manifestations ont montré qu’une grande partie des travailleuses et travailleurs se mobilisaient pour défendre leurs droits. Malgré cela nous n’avons pas réussi à faire converger les luttes, souvent sectorielles vers la grève générale. Or l’expérience nous apprend que l’on ne peut rien obtenir sans bloquer l’économie : on peut s’épuiser pendant plusieurs mois dans des grèves carrées et dans des manifestations rituelles sans inquiéter les pouvoirs en place. En revanche, il suffirait de paralyser l’économie pendant quelques jours pour faire rendre gorge aux exploiteurs. Malheureusement, tout un secteur s’est tenu à l’écart des luttes du printemps. Nous ne sommes pas parvenus à faire comprendre aux salariéEs du secteur public que la loi travail les concernait au même titre que leurs camarades du privé. Beaucoup croient encore pouvoir s’en tirer dans leur coin, alors que seule une action collective de masse permet d’agir efficacement.

Quelles leçons en tirer ? Si nous voulons éviter que les prochains mouvements connaissent le même échec, nous devons mettre l’accent sur la dimension interprofessionnelle de notre condition. C’est à cela que doit servir l’union syndicale Solidaires. Il ne s’agit pas de juxtaposer des revendications catégorielles, mais de mettre en avant ce qui rassemble les salariéEs dans leur commune condition d’exploitéEs : public ou privé, un patron reste un patron et c’est ensemble qu’il faut le combattre.


Documents joints

PDF - 3.7 Mo
PDF - 3.7 Mo

Agenda

<<

2018

 

<<

Avril

 

Aujourd'hui

LuMaMeJeVeSaDi
2627282930311
2345678
9101112131415
16171819202122
23242526272829
30123456
Aucun évènement à venir les 2 prochains mois