Bulletin Solidaires Ain numéro 18

lundi 13 mars 2017

Le bulletin Solidaires Ain numéro 18 est en ligne

La sempiternelle monotonie des ritualités calendaires impose aux plumitifs journaleux la triste répétition de ce qu’on nomme des marronniers : rentrée scolaire, vacances d’hiver, fêtes des mères, Saint Valentin et autres pseudo-événements nauséeux. Serions-nous condamnés, nous aussi, au retour du même ? Tous les cinq ans, la mécanique horlogère des échéances politiques impose son rythme lénifiant et nous conduit à faire, chaque fois, le même constat : les années électorales ne sont pas propices aux luttes sociales. Elles engendrent un attentisme dont l’issue fatale ne peut être que la désillusion.

Cette apathie ne fait que renforcer une tendance dont le syndicalisme souffre depuis plusieurs décennies. Au fil des échecs et des reculades, on voit se multiplier des succédanés de l’action syndicale : interpellation des élus, votations citoyennes, lettres ouvertes au président, demandes d’audience auprès des institutions représentatives de l’État (préfectures, inspections académiques, conseils départementaux). Au fond de tout cela, la même illusion : celle qui conduit à croire qu’il suffirait d’un vaste mouvement d’opinion pour que les pouvoirs publics prennent enfin conscience d’une réalité qu’ils négligent et se décident à agir pour plus de justice sociale. Au fond de tout cela, le même renoncement : à l’action directe se substitue la pression exercée sur les élus, qui seraient les seuls à pouvoir agir légitimement à notre place. Le syndicalisme s’engage ainsi sur la pente savonneuse du lobbyisme, oubliant ses origines.

Certes, nous ne pouvons pas nous contenter d’une reproduction du passé et il nous incombe de tenter d’inventer de nouvelles formes d’action qui tiennent compte des nouveaux visages du capitalisme. Mais cela ne doit pas nous conduire à négliger des principes qui sont au fondement de l’histoire du syndicalisme. En 1904, Émile Pouget (secrétaire général adjoint de la CGT de 1901 à 1908) publie l’action directe, un court texte dont nous pouvons encore aujourd’hui nous inspirer. Pouget définit ainsi l’action directe : elle « signifie que la classe ouvrière, en réaction constante contre le milieu actuel, n’attend rien des hommes, des puissances ou des forces extérieures à elle, mais qu’elle crée ses propres conditions de lutte et puise en soi ses moyens d’action. » Elle est « la symbolisation du syndicalisme agissant » dans la mesure où elle consiste à nous organiser de façon autonome sans compter sur « la grâce de personnes interposées, d’hommes providentiels, d’évêques nouveau style ». Si le syndicalisme doit aujourd’hui se renouveler et se renforcer, cela ne peut se faire que dans le sens d’une auto-organisation de celles et de ceux qui subissent l’exploitation capitaliste.


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