Bulletin Solidaires Ain numéro 21

octobre 2018
lundi 22 octobre 2018

Vengeances patronales

La logique répressive du pouvoir, qui s’était déjà manifestée à Notre Dame des Landes ou lors des mouvements étudiants, se précise de jour en jour. Non content d’imposer des régressions sociales sans précédent, ce gouvernement investi par le MEDEF cherche à empêcher violemment toute opposition efficace et réelle à l’arbitraire étatique et patronal.

Le bras de fer engagé avec les cheminot·es depuis le mois d’avril ne visait pas seulement à imposer une pseudo-réforme du système ferroviaire. Il s’agissait aussi d’en finir avec les syndicats. D’abord en laissant pourrir le mouvement et en refusant toute véritable négociation. Ensuite en réglant ses comptes une fois la grève terminée. C’est ainsi que six de nos camarades sont menacé·es de sanctions disciplinaires pour les motifs les plus fantaisistes (voir l’article de Sud Rail).

A la poste, même musique : notre camarade Aziz, de Sud poste, est menacé de licenciement pour avoir dénoncé l’attitude criminelle de la direction lors de sa grève de la faim qui a duré 19 jours. Son action visait à défendre un service public mis à mal par les réorganisations. La Poste lui reproche d’avoir appelé un chat un chat.

Par là-même, ces exécutants au service de la logique capitaliste veulent faire comprendre que – désormais – les salarié·es n’auront plus qu’à fermer leur gueule.
Les mêmes qui n’ont que le mot « démocratie » à la bouche et qui se gargarisent de valeurs humanistes ou républicaines sont les plus farouches ennemis de la liberté d’expression. La parole n’est libre qu’en tant qu’elle ne remet pas en cause les intérêts dominants. Dès que l’on s’inscrit dans une démarche authentiquement critique, il faut s’attendre à subir la vengeance du pouvoir.

Après chaque manifestation un tant soit peu offensive (ou défensive), médias et politiques condamnent en chœur la violence des « casseurs » ou d’une « mouvance autonome » fantasmée. Leurs cris d’orfraie ne visent qu’à masquer la véritable violence : violence de la pauvreté qui se généralise, violence de la précarité, violence des pressions hiérarchiques, violences subies par les migrant·es. La véritable violence n’est pas dans la rue : elle émane des cabinets ministériels et des bureaux feutrés des directions d’entreprise.

Face à la violence capitaliste, nous ne pouvons pas nous contenter des journées de grève saute-mouton et des processions rituelles dans les rues de Bourg-en-Bresse. Il nous appartient de chercher à construire un véritable rapport de forces, seule forme de dialogue possible avec le pouvoir.


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